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Petite Kabylie

Petite Kabylie

Tamurt n leqbayel
ⵜⴰⵎⵓⵔⵜ ⵏ ⵉⵇⴱⴰⵢⵍⵉⵢⵏ (kab)
القبائل الصغرى (ar)

Image illustrative de l’article Petite Kabylie
Vue sur la montagne de Toudja,  wilaya de Béjaïa
Administration
Pays Drapeau de l'Algérie Algérie
Statut politique Région historique d'Algérie
Démographie
Langue(s) kabyle note 1
tasahlite note 2
arabe algérien  (bougiote note 3djidjélien autres variantes)note 4
français  (usages savants, médias) note 5
arabe littéral (école, institutions) note 6
Géographie
Coordonnées 36° nord, 5° est
Divers
Monnaie DZD
Fuseau horaire UTC + 1
Domaine internet .dz
Indicatif téléphonique +213
Hymne Qassaman (Hymne algérien)
Devise « Ad nerrez wala ad neknu »
(« Plutôt rompre que plier »)
 Consultez la documentation du modèle

La petite Kabylie (en kabyle et de manière indifférenciée de la grande Kabylie : Tamurt n leqbayel, littéralement « le pays des Kabyles », c'est-à-dire étymologiquement « le pays des tribus ») est une région naturelle et historique située dans le nord est de l'Algérie et faisant partie de la Kabylie.

Frontières géographiques

Petite Kabylie était à l'origine le nom donné par l' armée coloniale française à la région des  Babors qui traverse une partie des  wilayas  de  BejaïaJijelSétif  et cela par opposition à la grande Kabylie.

Les colons  français ont d'abord tracé les frontières d'un point de vue culturel, dont le but était de reconnaître ses ennemis, c'est ainsi qu'ils ont par la suite surnommé « Petite Kabylie » la région située d'Est en Ouest à partir de « l'oued Aggrioun » dans l'Est de la  wilaya de Béjaïa  jusqu'au Sahel (côte) de la ville de Jijel. Ce tracé a été fait pour différencier cette région de la « Kabylie proprement dite » ou « Grande Kabylie », région culturelle considérée comme le territoire du Peuple Kabyle étendu de 146 kilomètres entre Dellys et l'Est de Bougie, établissant la frontière Sud au Guergour et au Medjana.

En 1847, Étienne Carette mena une enquête scientifique dans laquelle il conclut qu'il existait bien une Kabylie proprement dite et qu'il y a certes une continuité géographique et culturelle jusqu'à Jijel mais cela ne suffit pas pour en faire une seule et même région. Il nomma ainsi la «  petite Kabylie » par opposition à la « grande Kabylie autrefois appelée "Kabylie proprement dite" ». Il décrivit ainsi la situation « Aussi adoptons-sans la moindre hésitation le cours inférieur de l'oued Aggrioun jusqu'à son embouchure dans la mer, comme la limite entre le sahel de Djidjel et celui de Bougie, entre le pays des Kabyles et la Kabylie proprement dite ». Pour Carette la différence entre la Kabylie proprement dite et la petite Kabylie est surtout d'ordre de niveau de vie et de manière d'habiter.

Cette classification et ce travail étaient surtout destinés à instruire les militaires sur le pays qu'ils se préparaient à conquérir, ignorant ainsi les différences sociales, ethniques propres à chaque région mais aussi les différences de langues. Seul le nom de la « Kabylie proprement dite » changea en « Grande Kabylie », puis la région des babors prit le nom de « Petite Kabylie » . Mais longtemps encore on continuera à tort à considérer les populations habitant à l'Est et à l'Ouest de Bougie comme étant un seul et même peuple.

Ce n'est qu'à partir de 1851 quand fut décidée l'expédition de Saint-Arnaud que la dénomination de Kabylie orientale entra en usage courant pour désigner la région arabophone située à l'Est de la petite Kabylie, de Jijel jusqu'à la vallée de safsaf (Wilaya Skikda). Lorsque les Français occupent le sahel de Collo en 1858, un interprète militaire, Charles Féraud, suit la colonne expéditionnaire et publie en 1862 une monographie décrivant la région qu'il découvre, ainsi il élargit encore les frontières de la Kabylie Orientale jusqu'à l'Edough près de Bône

Par la suite, ce terme de « petite Kabylie » a été utilisé pour un but spécifiquement géographique pour désigner la zone des Babors, cet important massif situé au nord des Bibans et du Guergour. Les géographes ont par la suite étendu ce nom à l'ensemble de la région montagneuse qui s'étend de la vallée de la Soummam (à l'Est de la ville de Béjaïa) à la vallée de l'oued Djendjen (centre de la Wilaya de Jijel), formant alors un vaste triangle en passant par le Djebel Babor (au nord de la Wilaya de Setif). Dès lors la région du Djurdjura prit le nom de « Grande Kabylie », là aussi pour désigner une zone strictement géographique, à ne pas confondre avec la « Grande Kabylie » culturelle synonyme de « Kabylie proprement dite » décrite plus haut.

Après l'indépendance de l'Algérie, le terme de petite Kabylie est de nouveau employé avec cependant des différences par rapport à l'époque coloniale notamment du fait du découpage administratif du pays en Wilayas. En effet la  wilaya de Béjaïa  dont moins de la moitié faisait partie de la petite Kabylie fait maintenant, dans la mémoire collective, partie entièrement de celle-ci. De plus la grande Kabylie étant aujourd'hui plus rattaché à la région du Djurdjura certaines communes comme celles de la Kabylie du guergour et des bibans qui appartenaient auparavant à cette dernière en sont maintenant exclues au profit de la petite Kabylie.

De nos jours en prenant en compte le facteur culturel des habitants on peut dire que la petite Kabylie s'étend du cap Sigli à l'ouest de la wilaya de Bejaïa jusqu'à  El Aouana à l'ouest de la wilaya de Jijel 10. Le terme désigne généralement les régions berbérophones situées à l'Est de la Kabylie du Djurdjura, région qui englobe : la Kabylie des Babors berbérophone (Wilaya de Béjaïa et Nord-Est de la Wilaya de Setif) et Nord-Ouest de la Wilaya de Jijel, la Kabylie des Bibans (le Nord de la  wilaya de Bordj Bou Arreridj) et la Kabylie du Guergour (Nord-Ouest de la  wilaya de Setif).

Histoire

La petite Kabylie est historiquement le fief de la dynastie berbère islamique des  hammadides, du  royaume des Aït-Abbas (ou royaume de la Medjana) et de nombreuses personnalités historiques comme le  cheikh Mohand Ait Mokrane dit El Mokrani, Cheikh Ahadad (Chef de la confédération des Rahmania), figures de résistance à la  colonisation française .

 :  « notamment dans les couches moyennes scolarisées, c’est plutôt le français qui concurrence significativement le berbère, bien sûr à l’écrit, mais aussi dans toutes les situations formelles ou requérant une certaine élaboration linguistique (usages techniques et scientifiques, politiques…). Cette tendance est confirmée par de nombreux indices objectifs : prégnance de prégnance des chaînes de télévision françaises, multiplication des écoles privées francophones, usage commercial et publicitaire quasi exclusif du français… »  p. 2 (éd. en ligne) :  « les seuls lieux de Kabylie où l’on peut constater une présence de l’arabe classique sont les espaces institutionnels formels, placés sous le contrôle direct de l’administration centrale de l’État : écoles, tribunaux, gendarmeries…  »  Proverbe repris notamment dans  Kker a mmi-s umaziɣ  (Debout fils d'Amazigh), chant nationaliste algérien et berbère d'expression kabyle.



Petite Kabylie

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La Petite Kabylie : un trésor méconnu d’Algérie

La Petite Kabylie est une région montagneuse située au nord-est de l’Algérie, moins connue que sa voisine la Grande Kabylie, mais tout aussi riche en histoire, en culture et en paysages spectaculaires. Nichée entre les reliefs escarpés et les vallées verdoyantes, elle constitue un véritable trésor naturel et humain, où les traditions berbères (amazighes) continuent de vivre au quotidien.

Un territoire de montagnes et de nature préservée

La Petite Kabylie est caractérisée par un relief accidenté, dominé par des montagnes, des forêts denses et des rivières sinueuses. Cette nature généreuse permet une biodiversité remarquable, mais impose aussi un mode de vie adapté. L’agriculture y est souvent pratiquée en terrasses, avec des cultures traditionnelles comme l’olivier, le figuier et les céréales. L’huile d’olive produite dans la région est particulièrement appréciée pour sa qualité et son goût authentique.

Une organisation sociale basée sur la solidarité

Dans les villages kabyles, la vie s’organise autour de valeurs communautaires fortes. La solidarité entre habitants est un pilier fondamental : entraide dans les travaux agricoles, participation collective aux événements, ou encore gestion des affaires du village via des assemblées locales appelées “tajmaat”. Cette organisation sociale ancestrale témoigne d’un profond sens de la démocratie participative.

Une culture vivante et authentique

La culture kabyle y est omniprésente. La langue amazighe est parlée au quotidien, et les traditions sont transmises de génération en génération. Les fêtes locales, les mariages et les célébrations religieuses sont autant d’occasions de faire vivre les chants, les danses et les tenues traditionnelles. La musique raconte l’histoire du peuple, ses luttes, ses joies et ses espoirs.

Béjaïa : perle méditerranéenne de la Petite Kabylie

Béjaïa est l’une des villes les plus emblématiques de la Petite Kabylie, située sur la côte méditerranéenne. Connue pour son port historique et ses paysages spectaculaires entre mer et montagne, elle occupe une place importante dans l’histoire de l’Algérie. Anciennement appelée Bougie, la ville a donné son nom au mot français “bougie”, en raison de son rôle majeur dans le commerce de la cire au Moyen Âge.

La ville de Béjaïa se distingue par son patrimoine riche et varié. Elle abrite de nombreux sites historiques, dont la célèbre Casbah, les remparts anciens et plusieurs monuments datant de différentes périodes, notamment berbère, romaine et ottomane. Le cap Carbon, avec son phare perché parmi les plus hauts du monde, offre une vue imprenable sur la mer Méditerranée et les falaises environnantes.

Béjaïa est également un centre culturel dynamique. Elle joue un rôle essentiel dans la préservation et la diffusion de la culture kabyle. Festivals, événements artistiques et activités culturelles y sont régulièrement organisés, attirant visiteurs et habitants. La ville est aussi connue pour son université, qui contribue à son dynamisme et à son ouverture sur le monde.

Sur le plan naturel, Béjaïa bénéficie d’un cadre exceptionnel. Le parc national de Gouraya, situé à proximité, est classé réserve de biosphère par l’UNESCO. Il abrite une faune et une flore remarquables, dont le singe magot, espèce emblématique de la région. Les plages, les criques sauvages et les montagnes environnantes en font une destination idéale pour les amoureux de la nature et du tourisme écologique.

Entre défis modernes et préservation du patrimoine

La région n’échappe pas aux défis contemporains. L’exode rural touche fortement la Petite Kabylie, notamment chez les jeunes qui quittent les villages pour chercher des opportunités ailleurs. Malgré cela, de nombreux habitants restent attachés à leur terre et œuvrent pour préserver leur patrimoine culturel et naturel.

Un avenir tourné vers le tourisme et la valorisation culturelle

Ces dernières années, un regain d’intérêt pour l’identité amazighe a contribué à redonner vie à certaines initiatives locales. Des projets de tourisme rural, de valorisation de l’artisanat et de promotion de la culture kabyle voient le jour. La Petite Kabylie, avec son authenticité et ses paysages préservés, a le potentiel de devenir une destination prisée pour les voyageurs en quête d’authenticité.

En somme, la Petite Kabylie incarne une Algérie profonde, fière de ses racines et tournée vers l’avenir. Entre tradition et modernité, cette région continue de raconter une histoire unique, façonnée par la montagne, la résilience de ses habitants et la richesse de sa culture.

Contact

Email : contact@petitekabylie.com